月船書林

フィギュアスケートの話題を中心に芸術を語る

バオバブに気をつけろ

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Et en effet, sur la planète du petit prince, il y avait, comme sur toutes les planètes, de bonnes herbes et de  mauvaises  herbes.  

Par consèquent de bonnes graines de bonnes herbes et de mauvaises graines de mau-vaises herbes. Mais les graines sont invisibles. Elles dorment dans le secret de la terre jusqu'à ce qu'il prenne fantaisie à l'une d'elles de se réveiller. Alors elle s'étire, et pousse d'abord  timidement  vers  le  soleil une ravissante petite brindille inoffensive.  S'il s'agit d'une brindille de radis ou de rosier, on peut la laisser pousser comme elle veut. Mais s'il s'agit  d'une  mauvaise  plante,  il  faut  arracher  la  plante aussitôt,  dès qu'on a su la reconnaître. Or il y avait des graines terribles sur la planète du petit prince. . .  c'ètaient  les  graines  de  baobabs. Le sol de la planète en était infesté. Or un baobab, si l'on s'y prend trop tard, on ne peut  jamais  plus  s'en  débarasser.   Il encombre toute la planète.  

Il la perfore de ses racines. Et si la planète est trop petite, et si les baobabs sont trop nombreux, ils la font clater.

"C'est une question de discipline, me disait plus tard le petit prince. Quand on a terminé sa toilette du matin, il faut faire soigneusement la toilette de la planète. Il faut s'astreindre régulièrement à arracher les baobabs dès qu'on les distingue d'avec les rosiers auxquels ils se rassem-blent beaucoup quand ils sont très jeunes. C'est un travail très en-nuyeux, mais très facile."

Et un jour il me conseilla de m'appliquer à réussir un beau dessin, pour bien faire entrer ça dans la tête des enfants de chez moi. "S'ils voyagent un jour, me disait-il, ça pourra leur servir. Il est quelquefois sans inconvénient de remettre à plus tard son travail.  Mais, s'il s'agit des baobabs, c'est toujours une catastrophe. J'ai connu une planète, habitée par un paresseux. Il avait négligé trois arbustes . . ."

Et,  sur  les indications du petit prince, j'ai dessiné cette planète-là. Je n'aime guère prendre le ton d'un moraliste. Mais le danger des bao-babs est si peu connu, et les risques courus par  celui qui s'égarerait dans un astéroïde sont si considérables, que, pour une fois, je fais exception à ma réserve. Je dis: "Enfants! Faites attention aux baobabs!" C'est pour avertir mes amis d'un danger qu'ils frôlaient depuis longtemps, comme moi-même, sans le connaêtre, que j'ai tant travaill ce dessin-là. La leçon que je donnais en valait la peine. Vous vous demanderez peut-être: Pourquoi n'y a-t-il pas, dans ce livre, d'autres dessins aussi grandi-oses que le dessin des baobabs? La réponse est bien simple: J'ai essayé mais je n'ai pas pu réussir. Quand j'ai dessiné les baobabs j'ai été animé par le sentiment de l'urgence.


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ゾウの一部隊

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CHAPITRE V


CHAQUE  jour j'apprennais quelque chose sur la planète,  sur le départ, sur le voyage. Ça venait tout doucement, au hasard des réflexions. C'est ainsi que, le troisième jour, je connus le drame des baobabs. 

Cette fois-ci encore ce fut grâce au mouton, car brusquement le petit prince m'interrogea, comme pris d'un doute grave:

  – C'est bien vrai, n'est-ce pas, que les moutons mangent les arbustes?

  – Oui. C'est vrai.

  – Ah! Je suis content!

Je ne compris pas pourquoi il était si important que les moutons mangeassent les arbustes. Mais le petit prince ajouta:

– Par conséquent ils mangent aussi les baobabs?

Je fis remarquer au petit prince que les baobabs ne sont pas des arbustes, mais des arbres grand comme des églises et que, si même il emportait avec lui tout un troupeau d'éléphants, ce troupeau ne vien-drait pas à bout d'un seul baobab.

L'idée du troupeau d'éléphants fit rire le petit prince:

   – Il faudrait les mettre les uns sur les autres . . .

Mais il remarqua avec sagesse:

Les baobabs, avant de grandir, ça commence par être petit.

   – C'est exact! Mais pourquoi veux-tu que tes moutons mangent les petits baobabs?

Il me répondit: "Ben! Voyons!" comme s'il s'agissait là d'une évi-dence.  Et  il  me  fallut  un grand effort d'intelligence pour comprendre à moi seul ce problème.


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B-612

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Alors seulement elles croient le connaître. Si vous dites aux grandes personnes: "J'ai vu une belle maison en briques roses, avec des géra-niums aux fenêtres et des colombes sur le toit . . ." elles ne parviennent pas à s'imaginer cette maison. Il faut leur dire: "J'ai vu une maison de cent mille francs." Alors elles s'écrient: "Comme c'est joli!"

Ainsi, si vous leur dites: "La preuve que le petit prince a existé c'est qu'il était ravissant, qu'il riait, et qu'il voulait un mouton. Quand on veut  un  mouton, c'est  la  preuve  qu'on  existe"  elles  hausseront  les épaules et  vous  trateront  d'enfant!  Mais  si  vous  leur  dites,  "La  plante d'o il venait est l'astroïde  B 612" alors elles seront convincues, et elles vous laisseront tranquille avec leurs questions.Elles sont comme ça. Il ne faut pas leur en vouloir. Les enfants doivent être très indulgents envers les grandes personnes.

Mais, bien sûr, nous qui comprenons la vie, nous nous moquons bien des numéros! J'aurais aimé commencer cette histoire à la façon des contes de fées. J'aurais aimé dire:

"Il était une fois un petit prince qui habitait une planète à peine plus grande que lui, et qui avait besoin d'un ami . . ." Pour ceux qui com-prennent la vie, ça aurait eu l'air beaucoup plus vrai.

Car je n'aime pas qu'on lise mon livre à la légère, J'éprouve tant de chagrin à raconter ces souvenirs.  Il y a six ans déjà que mon ami s'en est allé avec son mouton. Si j'essaie ici de le décrire, c'est afin de ne pas l'oublier. C'est triste d'oublier un ami.  Tout le monde n'a pas eu un ami. Et je puis devenir comme les grandes personnes qui ne s'intéres-sent plus qu'aux chiffres. C'est donc pour ça encore que j'ai acheté une boîte de couleurs et des crayons.  C'est dur de se remettre  au  dessin,  à

mon âge, quand on n'a jamais fait d'autres tentatives que celle d'un boa fermé et celle d'un boa ouvert, à l'âge de six ans!  J'essaierai, bien sûr, de faire des portraits le plus ressemblant possible. Mais je ne suis pas tout à fait certain de réussir. Un dessin va, et l'autre ne ressemble plus. Je me trompe un peu aussi sur la taille.  Ici  le  petit  prince est trop grand.  Là il est trop petit. J'hésite aussi sur la couleur de son costume. Alors je tàtonne comme ci et comme ça, tant bien que mal. Je me tromperai enfin sur certains détails plus importants. Mais ça, il faudra me le par-donner. Mon ami ne donnait jamais d'explications. Il me croyait peut-être semblable à lui.  Mais  moi,  malheureusement, je ne sais pas voir les moutons à travers les caisses. Je suis peut-être un peu comme les grandes personnes. J'ai dû vieillir.


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トルコの天文学者

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CHAPITRE IV


J'AVAIS ainsi appris une seconde chose trs importante: C'est que sa plante d'origine tait  peine plus grande qu'une maison!

Ça ne pouvait pas m'tonner beaucoup. Je savais bien qu'en dehors

des grosses plantes comme la Terre, Jupiter, Mars, Vnus, auxquelles on a donn des noms,  il y en a des centaines d'autres qui sont quelquefois si  petites  qu'on  a beaucoup de mal  les aperce-voir au tlescope. Quand un astronome dcouvre l'une d'elles,  il lui donne  pour nom un nu-mro. Il l'appelle par example: "l'astrode 325."

J'ai   de   srieuses  raisons de  croire  que  la  plante d'o  venait  le  petit  prince est l'astroide B 612. Cet astrode n'a t aperu qu'une fois au tlescope, en 1909,  par  un  astronome turc.

Il avait fait alors une grande dmonstration de sa d-couverte  un Congrs  International  d'Astronomie.  Mais

personne ne l'avait cru  cause de son costume. Les grandes personnes sont comme ça.

Heureusement pour  la  rputation  de  l'astéroïde  B 612  un dic-tateur turc imposa à son peuple, sous peine de mort, de s'habiller à l'Européenne. L'astronome refit se démonstration en 1920, dans un habit très élégant. Et cette fois-ci tout le monde fut de son avis.

Si je vous ai raconté ces détails sur l'astéroïde B 612 et si je vous ai confié son numéro, c'est à cause des grandes personnes. Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d'un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l'essentiel. Elles ne vous disent jamais: "Quel est le son de sa voix? Quels sont les jeux qu'il préfére? Est-ce qu'il collectionne les

papillons?" Elles vous deman-dent: "Quel  ge a-t-il? Combien a-t-il de frères?  Combien  pèse-t-il? Combien gagne son père?"


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とってもちっぽけ

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Vous imaginez combien j'avais pu être intrigué par cette demi-confi-dence sur "les autres planètes". Je m'efforçai donc d'en savoir plus long:

   – D'où viens-tu mon petit bonhomme? Où est-ce "chez toi"? Où veux-tu emporter mon mouton?

Il me répondit après un silence méditatif:

   – Ce qui est bien, avec la caisse que tu m'as donnée, c'est que, la nuit, ça lui servira de maison.

   – Bien sûr. Et si tu es gentil, je te donnerai aussi une corde pour l'at-tacher pendant le jour. Et un piquet.

La proposition parut choquer le petit prince:

   – L'attacher? Quelle drôle d'idée!

   – Mais si tu ne l'attaches pas, il ira n'importe où, et il se perdra.

Et mon ami eut un nouvel éclat de rire:

   – Mais où veux-tu qu'il aille!

   – N'importe où. Droit devant lui...

Alors le petit prince remarqua gravement:

   – Ca ne fait rien, c'est tellement petit, chez moi!

Et, avec un peu de mélancolie, peut-être, il ajouta:

   – Droit devant soi on ne peut pas aller bien loin...



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